« La BIODIVERSITE au sein du Parc Naturel Régional Vallée de la Rance Côte d’Émeraude : facteurs structurants et leviers d’action »

« La BIODIVERSITE au sein du Parc Naturel Régional Vallée de la Rance Côte d’Émeraude : facteurs structurants et leviers d’action »

RESUME CONFERENCE du PARC n°10

26 FEVRIER 2020 – PLANCOËT

Patrick LE MAO, président du Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel (CSRPN) et Bernard CLEMENT, botaniste

La biodiversité

Rappel par Bernard Clément : Biodiversité est la contraction de diversité biologique et s’exprime à différents niveaux, elle ne se résume pas à une liste d’espèces.

 

La définition aurait été formalisé par l’Union internationale pour la conservation de la nature, en 1988. Le mot a été popularisé par la convention sur la diversité biologique (art 2), en 1992 à Rio de Janeiro, comme « variabilité des organismes vivants de toute origine y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie ; cela comprend la diversité au sein des espèces et entre espèces ainsi que celle des écosystèmes ».

Elle peut s’exprimer de façon visible, être latente, sous forme de graines et autres propagules (bulbes, racines) ou même être potentielle, lorsqu’on espère voir arriver des espèces après des aménagements par exemple.

L’écologie désigne cette biodiversité ainsi que les interactions entre les espèces, et entre les espèces et leur environnement. Les caractéristiques (climat, sol …) d’un habitat définissent la biodiversité qui va s’installer et créer un écosystème.

La biodiversité joue un rôle essentiel dans la régulation du climat via le cycle du carbone/cycle de la matière organique. L’Homme influence de manière prépondérante la biodiversité, mais pas toujours de manière nuisible.

La biodiversité la plus intéressante s’exprime dans les habitats pauvres en nutriments, car la compétition qui s’y exerce entre espèces est moindre. Les espèces qu’on y recense sont originales, par rapports aux espèces rudérales classiques des espaces agricoles.

 

BiodiversitéEx : Tourbière humide à Sphaigne de Magellan (ci-contre)

Les tourbières sont des zones humides oligotrophes. Elles stockent 30 % du carbone alors même qu’elles n’occupent que 3 % de la surface terrestre. A cet égard ce sont des milieux plus importants que les forêts.

Cinq pressions agissent contre la biodiversité : destruction et fragmentation des habitats, pollution, espèces exotiques envahissantes, surexploitation des ressources.
 

 

Les sites remarquables du futur PNR

COEUR va bientôt diffuser une liste de 32 sites d’intérêt sur le territoire. Quatre ont été présentés :

  • « Landes et bois humides d’Avaugour » (Taden) : on y trouve des espèces des landes, notamment cinq couples nicheurs d’Engoulvents.
  • « Marais noirs de Saint-Coulban » : une réserve créée et gérée par la Fédération départementale des chasseurs. Les premières actions, pour le retour de l’eau dans le marais asséché, visaient à faire venir les canards. Aujourd’hui on y trouve des Locustelles tachetées et des Phragmites aquatiques, deux petits passereaux an danger.
  • « Faluns du Quiou et Tréfumel » : les milieux calcaires sont rares en Bretagne. On y trouve des plantes intéressantes comme l’Orchis bouc, Papaver lecocquii, Senecio barbareifolius. Des hirondelles des rivages se sont installées dans les falaises des anciennes carrières. La fauche a permis l’installation de mantes religieuses et du criquet Chorthippus dorsatus.
  • « Polder de Lancieux-Ploubalay » : riches en orchidées sauvages au printemps et en Ophioglosse.

Les autres milieux d’intérêts sont par exemple des plans d’eau à niveaux variables (où l’on pourrait trouver la Coléante subtile), des dunes ou même les bords de routes qui abritent d’autant plus d’insectes polinisateurs qu’on laisse les fleurs se développer.

Le territoire compte quatre « arrêtés préfectoraux de protection du biotope » (interdiction d’exercer des activités, telles que chasse, promenade, cueillette ...).

  • Les galeries de la garde Guérin, un gîte à chauve-souris
  • le Golf de Saint-Briac, pour sa flore, ces deux sites sont sous la responsabilité de Vincent Bouche pour Bretagne-Vivante ;
  • le Tertre Corlieu/La Briantais à Lancieux
  • l’îlot de la Colombière, face à la pointe du chevet où nichent des Sternes caugek.

Sachant qu’un des rôles majeurs des PNR est de créer de nouveaux espaces NATURE sous protection forte dans leur périmètre d’action, le Tertre de Bandefer ne rentre pas dans les critères pour constituer une réserve nationale car la biodiversité qu’on y trouve est typique des milieux agricoles et assez fréquente.

La question est posée de savoir si les Espaces Naturels Sensibles (ENS), aires protégées des départements, et les sites du conservatoire du littoral et des rivages lacustres peuvent être considérés comme de la protection forte.