Économie et prospective du Parc Naturel Régional « Vallée de la Rance — Côte d’Émeraude »

Économie et prospective du Parc Naturel Régional « Vallée de la Rance — Côte d’Émeraude »

Rencontre du PARC n°9 : 10 décembre 2019 – SAINT-LUNAIRE

Conférenciers : Yves MORVAN, ancien président du Conseil Economique et Social de Bretagne, et Philippe LE GOFFE, économiste – AGRO CAMPUS OUEST

Prospective 2040 (Yves Morvan)

La situation en 2019

65 % de la population est installée sur 40 % du territoire, principalement le long de la côte. En moyenne 25 % de résidences secondaires et on atteint 70 à 75% à Saint-Lunaire, ce qui confirme que « La Bretagne est une résidence secondaire » ici plus encore qu’ailleurs. Beaucoup de déplacements sont effectués tous les jours, seuls 40 % des actifs travaillent dans leur commune de résidence. Les actifs sont cependant peu nombreux, puisque 36 % de la population est à la retraite. Les revenus du territoire sont corollairement très dépendants de la redistribution, 53 % du budget vient de l’extérieur.

 

Les 76 000 emplois du territoire sont répartis entre le secteur tertiaire, pour les 3/4, le secteur primaire représente 4 % dont l’agriculture et la pêche pour 2.5 %, le bâtiment 8 %. L’industrie fournit 11 % des emplois, ce qui dément l’hypothèse d’une désindustrialisation du territoire. Il y a beaucoup d’économie présentielle : tourisme, commerce emploi saisonnier. En conséquence la valeur ajoutée est faible dans la région.

 

Les mutations attendues ...

  • Fin des monopole nationaux, dans le cadre de la transition libérale qui amène la disparition des services publics en zone rurale.
  • Mondialisation toujours croissante
  • Transition technologique qui pourrait créer du chômage, mais pas dans l’économie présentielle
  • Démographie : l’accroissement naturel a été très forte pendant 10 ans, mais semble se stabiliser depuis 4 ans ; tandis que la migration reste très importante.

 

… celles que l’on aimerait voir

La transition écologique, via l’innovation technologique, par exemple, ne se fera pas sans conflit avec l’économie, notamment avec de nouvelles taxes. Elle nécessite avant tout de la volonté politique.

Nous sommes en 2040, et tout va bien.

  • le territoire compte désormais 225 000 habitants contre 188 000 en 2019, la population a encore vieilli et 4 générations se côtoient fréquemment.
  • la présence d’un Parc Naturel Régional a permis de diversifier l’économie et de faire s’implanter de la recherche et de l’enseignement supérieur qui manquaient en 2019. Grâce à ces actions il y a un accroissement des énergies renouvelables, de l’économie circulaire et généralement d’activités économiques productives (par rapport à l’économie présentielle).
  • l’artificialisation des terres, l’urbanisation et la désarticulation des bourgs a été freinée ou stoppée.

 

Le PNR et l’agriculture : P. LE GOFFE

Le parc naturel régional porte des espoirs, mais aussi des craintes pour les entreprises agricoles

Les acteurs agricoles sont petits et nombreux, donc ils ne fixent pas les prix face à la grande distribution (toutes les tentatives, même sincères pour faire changer cet état de fait, ont échouées). Les contraintes devraient s’appliquer à tous les acteurs du marché (mais ce n’est pas le cas). L’agriculture biologique labélisée permet d’augmenter les prix pour le client final.

Ce qui ne relève pas du PNR :

  • les parcs naturels régionaux ne disposent pas de pouvoirs réglementaires et ne peuvent pas accorder de subventions directes.

SCOT, PLU, S(d)AGE, TVB des exploitations, Égalim, Pesticides, ICPE, Directive nitrate, ou PAC, sont autant de sujets que le PNR n’a pas le pouvoir de traiter

Ce que peut faire le PNR :

Le Parc peut apporter son expertise technique, et de l’innovation via des études ou des connaissances extérieures. Il peut fournir des conseils et sensibiliser les agriculteurs à des problèmes environnementaux.

On peut citer deux actions mises en place par COEUR : l’aide à la plantation de haies (dans le cadre du programme européen Breizh bocage). Et les concours de prairies fleuries qui permet aux agriculteurs de démontrer leur savoir-faire en matière de préservation de la biodiversité florale et de la partager entre confrères.

La marque PARC permet de labelliser et promouvoir des produits locaux

artisanaux, agricoles ou non.

L’objectif partagé est de réaliser une production de meilleure qualité,

distribuée en circuit court et plus rémunératrice.